SOIF DE MOTS

l'Amazone

 

Photo d’Ellen Fernex : Reflets sur l’Amazone ( voir poème ci-après) 

 

 

 

SOIF DE MOTS

 

 

Louis Delorme a créé Soif de mots en 1999. Dix ans déjà ! Cette anthologie lui a permis de publier un grand nombre de poètes, le plus souvent des amis.

Voici la liste des différents participants à ces publications :

 

 

                                    TOME 1 : (invités.)

Silvaine ARABO, Paul BENSOUSSAN, Louis DELORME, Raymond GUILHEM, Henri HEINEMANN, Serge LARDANS, Yvette VASSEUR.

                                    TOME 2 : (invités.)

Claude ASLAN, Marie FAIVRE, Georges FRIEDENKRAFT, Francine GUréghian-Salomé, Claude Pétey, Georges SOLOVIEFF.

                                    TOME 3 : (invités.)

Vital HEURTEBIZE, Henri LACHèze, Mélanie LAFONTEYN, Nathalie LESCOP-BœSWILWALD, Roselyne ligné.

                                   TOME 4 : ( Les invités de Claude Pétey.)

Claude CAILLEAU, Jacques CANUT, Marie CHEVALLIER, Micheline DEBAILLEUL, Claude HAMELIN, Michel MARTIN.

                                      TOME 5 : (invités.)

Yves-Fred BOISSET, Jeannine DION-Guérin, Armand DO, Paule DOMENECH, Francine Guréghian-salomé, éric lemoine, thierry sajat.

                                        TOME 6 : (invités.)

Pierre OSENAT, invité d’honneur, Robert-Hugues BOULIN, Daniel Chétif, Thérèse MERCIER, Louis DELORME.

                                       TOME 7 : (invités.)

Théo CRASSAS, Jean-Pierre DESTHUILLIERS, Pierre GUérande, Jean-Charles MICHEL, Anne-Marie VERGNES.

                                        TOME 8 : (invités.)

Michèle CAUSSAT, Marcel CHINONIS, Patricia COULANGE, Jean-Paul GAVARD-PERRET, Dominique JOYE, Claude CAILLEAU.

                                      TOME 9 : (les Poètes québécois)

Michèle de LAPLANTE, Marie CÔTé, Diane DESCÔTEAUX, Louis-Marie KIMPTON, Jean-Pierre RIVEST, LA ROQUEBRUNE – Editorial de Mélanie LAFONTEYN.

                                  TOME 10 : (invités )

Gérard LEMAIRE, Maria LABEILLE, Câline HENRY-MARTIN, Gilles-éric séralini, Mélanie LAFONTEYN.

                                       TOME 11 : (invités )

Pierre Béarn, invité d’honneur, Marie-Andrée BALBASTRE, Jean-Pierre NOAILLES.

                                    TOME 12 : (Les Poètes roumains)

Mihai EMINESCU, Tudor ARGHEZI, George BACOVIA, Ion BARBU, Lucian BLAGA, Nichita STANESCU, Marin SORESCU, traduits par Constantin FROSIN

                                  TOME 13 : (les invités de Stephen BLANCHARD)

Laurent BAYART, Bernadette BEHAVA, Albertine BENEDETTO, Jean-Louis BERNARD, Denise BERNARDT, Alain BERNIER, Jean BOTQUIN, Joëlle BRETHES, Rolande CIELNY, Jean CLAVAL, Pierre COELLO, Bruno CORTOT, Jean-Claude COQUET, Chantal CROS, Jean-Noël CUénod, Ellen FERNEX, Sylvie GAND, Béatrice GAUDY, René Giovannangeli, Louis LEFEBVRE, Didier LEMAIRE, Claude LUEZIOR, Michel MARTIN, Bruno de VULPIAN, Christine ZWINGMANN.

                               TOME 14 : (invités)

Mélanie LAFONTEYN, Rolande CIELNY, Jeannine DION-guérin, Ellen FERNEX, GAM, Laura HEPP.

                              TOME 15 : (invités)

élisa AUBRY, Jean-Michel BLOCK, Ferrucio BRUGNARO, Jean-Claude COQUET, Robert LAGLASSE, Claude Méré, Jean-Paul GAVARD-PERRET, Georges SOLOVIEFF.

                            TOME 16

Jean-François BLAVIN, Gérard CAZé, Claude LUEZIOR, Claude Méré, Paul VAN MELLE.

Dessin à la plume de Nicole DURAND.

                            TOME 17

Claude Méré, Paul ATHANASE, élisa AUBRY Gérard CAZé.

Louis DELORME : Baudelaire et la Poésie

                          TOME 18

Jean-Charles MICHEL, Roland JOURDAN, Andrée SOLLIER, Yann LE PUITS

                          TOME 19

Gérard cazé, invité d’honneur, Raymond DUMARET, GAM, Brigitte de MORGAN, La poésie entre quatre murs.

                        TOME 20

Claude Pétey, invité d’honneur, Jean-Claude Coquet, Brigitte de Morgan

                     TOME 21

Georges KornHeiser, invité d’honneur, Guillaume RODIEN, Jean-Marie SOURGENS, Gérard Cazé., Jean-Claude COQUET.

                    TOME 22

Ellen FERNEX et Mélanie LAFONTEYN

                        TOME 23

                                    Constantin FROSIN, invité d’honneur, Jean-Claude COQUET

&

Voici quelques pages prises dans différents numéros :

 

 

Pierre OSENAT Pierre OSENAT Pierre OSENAT Pierre OSENAT

 

EN MER

 

Je ne rallierai plus les ports de quiétude

Où viennent s’embosser au soir les caboteurs

Pour placer en radoub leur temps de solitude

à l’abri de l’appel des phosphores chanteurs.

 

J’ai connu les oursins, les typhons de l’amour,

Les cirés hauturiers, les filles, leurs madragues,

La liturgie des focs au bastringue des jours,

Le roulis de la valse inlassable des vagues.

 

Lunaire vagabond je dormais à tribord

Et quand me réveillait le cri mélancolique

Du mansfenil porté loin des viviers du port

J’étais insoucieux de l’œil des Jamaïques.

 

J’ai vu les soirs blasés de l’adieu des mouchoirs

Sur le pont du voilier le dernier émigrant

J’écoutais les femmes brasser leur désespoir

et ce bruit éternel qu’elles font en pleurant.

 

Mais je n’ai plus d’espoirs arrimés dans la cale ;

En moi tout est regret des cargaisons du vent,

des secrets étoilés de la terre natale

Et des voyages très anciens des temps d’avant.

 

 

Pierre OSENAT Pierre OSENAT Pierre OSENAT Pierre OSENAT

 

&

 

PIERRE Béarn PIERRE Béarn PIERRE Béarn PIERRE Béarn PIERRE

 

 

A l’AUBE DES Révélations

Mon éveillée qui vient de naître à son destines-tu meurtrie de flétrissures

ou bien germant de ta blessure

as-tu connu la joie du jeu des mille mains ?

Inchangée pour les yeux tu souris à ta mèrese peut-il que je t’ai fleurie

pour les parades de la vie

et non souillée trop tôt pour des plaisirs vulgaires ?

Le remords est en moi tandis que tu t’évadesvers la conquête des envies

où l’amour est un paradis.

Notre aventure vécue n’est qu’un souvenir fade

Mais me voilà soudain libéré de la hontecar plus qu’un jeu, l’amour est une délivrance

la justification bien heureuse de la vie

 

 

PIERRE Béarn PIERRE Béarn PIERRE Béarn PIERRE Béarn PIERRE

 

 

&

Gérard Cazé Gérard Cazé Gérard Cazé Gérard Cazé Gérard

pirate d’eau douce

Je vois encor briller, comme un éclat d’hier,

Ce souvenir serti sur un chaton d’enfance.

La poule avait des dents, ce qui me rendait fier,

J’affrontais des requins pour le temps des vacances.

Dans une caisse en bois, tel un forban des mers,

Je sillonnais la cour sur des vagues de terre.

Debout, sabre à la main, je promettais l’enfer

Aux poules et canards qu’élevait ma grand-mère.

En pirate d’eau douce et pour donner l’assaut,

Je n’avais qu’un bâton, mais, une idée en tête :

Monter à l’abordage en tapant sur un seau,

Pour semer la terreur parmi les pauvres bêtes.

Au milieu des coin-coin et des cot cot codet,

Je chassais le trésor indiqué sur la carte.

Quand je l’avais trouvé, là, je m’arrêtais net

Et piratais les œufs qui promettaient des tartes.

Gérard Cazé Gérard Cazé Gérard Cazé Gérard Cazé Gérard

&

ELLEN FERNEX ELLEN FERNEX ELLEN FERNEX ELLEN FERNEX ELLEN

Amazone

Amazone, toi

dont le sang pulse la Vie

à travers le Monde ;

sang jaune, noir, rouge ou vert,

qui véhicule la Vie

dont s’abreuve le Monde.

Amazone,

je te salue,

je te vénère,

je m’incline devant toi.

Tu roules ton corps superbe,

tes flancs larges et puissants

à travers Terre et Forêt ;

tu tends tes bras innombrables

pour serrer le Monde contre ton sein ;

monde végétal, minéral, animal :

le monde de l’Indien primordial.

Tu es la Mère

dont le souffle enveloppe le Monde.

Oui, tu élabores la Vie

dans le secret de tes entrailles ;

tu submerges la Terre et la Forêt,

tu les inondes pour mieux les féconder ;

et tu propulses cette Vie

au loin, au très loin,

dans ton élan de générosité.

De ta respiration surgit la Vie,

surgit le Monde.

Ton silence ;

tes cris étranges

qui parfois déchirent ce silence ;

tes tressaillements ;

tes chuchotements impalpables ;

tes froissements furtifs

qui glissent ou qui rampent ;

tes feulements ;

tes bruits mystérieux enveloppés d’ombre,

sourds, étouffés, ou rauques, ou aigus ;

ta lumière glauque ;

ta moiteur oppressante ;

ton haleine à la fois forte et fade,

pourrie et moisie, sucrée et piquante,

et douce, et putride ;

tes architectures végétales fantasmagoriques,

débridées, hallucinantes,

cernées par tes eaux dormantes ou fuyantes

amalgame de matières indéfinissables

d’un immobilisme inquiétant,

ou d’une mouvance énigmatique.

Amazone, tu m’as envoûtée,

ensorcelée ;

par ton immensité obsédante,

par ta beauté incommensurable,

par ta magie créatrice…

Oh, ne pas te blesser !

ne pas te violer,

ne pas égorger ta forêt,

ne pas prostituer tes eaux,

ne pas braconner tes Indiens !

Ne pas saccager ton ventre fabuleux,

cet utérus, source de Vie

pour toute notre planète ….

Amazone,

je te salue,

je te vénère,

je m’incline devant toi ;

je te remercie.

ELLEN FERNEX ELLEN FERNEX ELLEN FERNEX ELLEN FERNEX ELLEN

&

Mélanie Lafonteyn Mélanie Lafonteyn Mélanie Lafonteyn

PALOMA

Elle se pose sur le rebord de la fenêtre, regarde autour d’elle, hésite, blanche, les plumes lissées, les yeux bruns tout ronds, les doigts des courtes pattes bien écartés sur la pierre de taille. La fenêtre est ouverte et la brise de vallée gonfle sans la moindre retenue le rideau de mousseline. Elle sautille sur le bureau où s’amoncellent partitions, livres, crayons et feuilles de toutes tailles, fixe un instant l’écran de l’ordinateur. Pas le moindre mot. Elle s’inquiète. Les feuillets d’une lettre datée d’un pays lointain reposent sous une agrafeuse. Elle pousse l’agrafeuse du bout de l’aile et lit. Elle se sait indiscrète, curieuse, mais assume sans remords manque de réserve et furetage. Les mots humains l’intriguent et les non-mots encore plus. Entre tous leurs mots, soupire-t-elle, il y a toujours des non-mots. Elle décide d’y remédier et, en équilibre difficile sur le bord du clavier, parvient à frapper les touches avec son bec. Sa réponse naît des déplacements de l’air, des stratus et des cumulus, des bruines, des pluies soudaines accompagnées de grêle, comme si elle oubliait que la chaleur du soleil la gâte aussi parfois. Sa lettre, sans qu’elle sache bien pourquoi, est toute nostalgique. Elle imprime et signe : paloma, plie la feuille qu’elle serre bien fort dans son bec, se glisse sous la mousseline qui flotte comme un voilier et prend son vol. Les montagnes sont hautes et les frontières hostiles. Elle arrive, plumes ébouriffées, bec glacé, épuisée, dans le jardin du destinataire de la lettre. Il aperçoit un papier plié, chiffonné et écorné, mouillé par les grains qui le mouchettent de taches, comme les larmes, accroché comme par miracle à l’épine d’un églantier. Il le déplie, et ne pouvant lire aucun mot, le regarde par transparence : il voit alors les déplacements de l’air, les stratus et les cumulus, les bruines, les pluies soudaines accompagnées de grêle. Pas le moindre indice du soleil de Magerit, ni la moindre réflexion de lumière, même tamisée. Il s’assoit sur un monticule de terre, le cœur et le cerveau remplis d’une lassitude aussi vaste que la nuit.

— Encore des non-mots, dit-il.

p

Mélanie Lafonteyn Mélanie Lafonteyn Mélanie Lafonteyn

 

 

A la rentrée de septembre, je ferai un vingt-quatrième numéro.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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